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Réalisation de notre puits Canadien.

Le précédent article sur le puits Canadien présentait ce système d’apport d’air neuf selon les règles définies, qui théoriquement, donnent le meilleur résultat.

Cependant, parfois dans la réalité, certaines règles ne peuvent pas s’appliquer sans occasionner soit des dégâts, soit des coûts pouvant faire basculer le budget prévu.

Alors il faut peser le pour et le contre et s’adapter.

C’est ce que l’on a fait.

Comme précisé sur l’article du tout à l’égout, nous avons utilisé la même tranchée pour notre puits, en raison de la nature rocheuse du sous-sol.

Celle-ci a été creusée :

– au maximum du raisonnable pour sa profondeur, soit 120 cm près de la maison et 90 bons cm en limite de terrain,

– sur une longueur de 14 mètres en raison de la limite de propriété,

– d’une largeur de 60 cm, afin de doubler la longueur en revenant près de la maison pour le positionnement de la bouche d’entrée,

– avec un lit de sable au fond pour protéger le tuyau PVC et une pente de 2 à 3 cm par mètre environ.

Nous avons utilisé un tube de diamètre 125 mm sur une longueur de 2 X 14 m, représentant une longueur totale de 28 mètres.

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Retour en limite de propriété. L’espace entre les deux tubes est légèrement supérieur à 2 fois le diamètre des tubes.

A cet endroit, nous sommes au point le plus haut.

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Les pierres sur la photo servent de calage en attendant le recouvrement.

puits canadien       puits provençal

– à droite le point de pénétration dans le vide sanitaire,

– à gauche la partie du tube destiné à recevoir la bouche d’entrée de l’air. Celle-ci se trouve au Sud afin de recevoir un maximum le soleil.

A ces endroits, les deux parties de canalisation sont en point bas. L’eau de condensation s’écoulera de ce côté et avant chaque remontée, un petit puits perdu est en place pour permettre leur évacuation.

Par la suite, nous mettrons en place un dispositif solaire (fait maison) pour préchauffer l’air entrant dans le puits l’hiver.

Celui-ci sera retiré l’été.

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Faute d’avoir pu enterrer le tube sous la maison, il sera isolé sur les 12 m de passage dans le vide sanitaire.

Cependant, si la température dans le vide sanitaire reste tempérée, il sera peut être intéressant d’en tirer profit.

Pour cela il faut attendre la fin des travaux, mais on en reparlera.

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Remblaiement en terre puis pose du tuyau pour le tout à l’égout.

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Après le remblaiement au niveau du sol d’origine, nous avons fait un apport de terre végétale sur environ 70 cm pour obtenir un recouvrement suffisant.

Les roches au premier plan servent à retenir la terre rapportée.

Cet emplacement servira pour le jardin.

Le puits Canadien ou Provençal

On parlera de puits Canadien lorsque celui-ci sera destiné à un apport d’air plus chaud que l’air extérieur.

On parlera de puits Provençal lorsque celui-ci sera destiné à un apport d’air rafraîchi.

Vous l’avez donc bien compris, le puits Canadien et le puits Provençal ne font qu’un, seule la saison lui fait changer de nom.

le puis canadien

Un puits Canadien ou Provençal est un système de type géothermique qui utilise l’énergie stockée par le sol pour apporter de l’air neuf à une température variant entre 5°C et 15°C en moyenne et suivant les saisons et les régions, alors que dans un même temps les températures extérieures varient de – 20°C à + 40°C.

Cet air neuf en été apporte donc de la fraîcheur alors qu’en hiver l’air froid de l’extérieur est réchauffé par le transfert de calories provenant du sol.

Principaux points pour un fonctionnement performant :

puits canadien principed'installation

– la nature du sol avec des critères liés à la performance de l’installation :

la capacité thermique qui est la particularité d’un corps à absorber ou à restituer l’énergie.

la conductivité thermique qui est la particularité d’une matière à diffuser l’énergie par conduction.

– la localisation géographique :

puits canadien localisation géo

plus la différence de température entre l’été et l’hiver sera importante, plus une telle installation sera intéressante.

Le minimum rentable étant 20°C.

– la place disponible.

– l’assurance d’une ventillation hygiénique.

– la nécessité réelle du besoin en chauffage et en refroidissement.

Cependant, dans le cadre d’un projet sain et sans ventilation mécanique contrôlée, pour lequel vous privilégiez les échanges d’air avec des matériaux naturels, le système restera toujours intéressant mais cependant le critère de débit d’entrée d’air doit absolument être respecté.

Conception :

l’entrée d’air neuf :

puis canadien entrée d'air  il s’agit d’une prise d’air :

– dont le débouché doit se situer à au moins 1,10 m du niveau du sol afin d’en éviter l’encrassement,

– équipée d’un chapeau de protection contre les eaux de pluie,

– avec une grille de protection pour éviter l’intrusion des nuisibles,

– protégée par un filtre à particules,

– positionnée le plus loin possible des sources de pollution.

Le conduit :

puits canadien le conduit

– soit unique, ou multiple,

–  d’une longueur théorique de 30 à 50 m,

– d’un diamètre permettant une vitesse de l’air entre 1 et 3 m/s netre 160 et 250 mm,

– comprenant un minimum de coude,

– enfoui à une profondeur minimale de 1,5 m,

– présentant une pente comprise entre 1 et 3 % du côté opposé à l’entrée d’air, terminée par un orifice permettant l’évacuation des eaux de condensation provoquées par le rafraîchissement de l’air extérieur,

– en matière à conductivité thermique élevée pour faciliter les échanges. Les tubes couramment employés sont en PVC, en polyéthylène ou polypropylène souple ou rigide. Attention, les tubes en PVC structurés ou gaines de type TPC sont à proscrire, ceux-ci emprisonnant des bulles d’air, diminuant les échanges thermiques,

– avec des raccordements étanches pour éviter la pénétration des eaux ou des racines, ainsi que du radon si le projet est implanté dans une zone à risque,

– en veillant à bien enrober le tube de terre pour garantir le maximum de surface d’échange, car en effet chaque cavité contenant de l’air diminue la surface de contact et les échanges.

Dispositif d’évacuation des eaux de condensation :

puis canadien évacuation des condensats

Quel que soit le débouché de votre installation, il faut permettre l’évacuation des eaux de condensation soit dans le sol si le système reste enterré, soit dans le sous-sol.

Si l’installation est non accessible, au point le plus bas, mettre le dispositif au-dessus d’un trou rempli de graviers protégés d’un voile de géotextil.

Si l’installation donne dans un sous-sol et que cela est possible, assurer cet écoulement par le réseau d’évacuation des eaux du domicile.

Ventilation et Régulation :

puits canadien ventilation régulation

Le ventilateur doit être dimensionné en fonction de l’apport d’air frais nécessaire au renouvellement de l’air ambiant du domicile.

Un système de régulation peut être mis en place pour gérer les apports en intersaison, mais cela peut être géré manuellement.

Une connexion peut être également faite avec le système de ventilation mécanique.

Le puits Canadien est devenu un système particulièrement complexe et affaire juteuse dans la société actuelle, mais il est toujours bon de rapeller que son existence, bien que le terme n’aurait été utilisé pour la première fois qu’en 1977 par l’architecte Claude Micmacher, les Romains utilisaient déjà des systèmes de canalisation sophistiqués pour se chauffer avec l’air circulant sous terre.

Alors dans notre projet, nous resterons bien plus modeste.

Affaire à suivre….